Découvrir Lure - Son Historique

Au Moyen‑Age la ville était entourée de fossés et murs d'enceinte fermés par deux portes. Les incendies de 1636 et de 1720 détruisirent la ville faite de petites maisons éparpillées à toits de chau­me. Ce n'est qu'au XVIlème siècle que la ville prit son aspect actuel quand l'intendant de Franche‑Comté donna l'ordre de débarrasser les fumiers et de construire des maisons à étages et toits de tuile.

PROMENADE

Le départ de notre découverte du vieux Lure se fait à partir du Centre Culturel, place de la Libération, où une maquette de Lure au XVIlème siècle nous permet de mieux comprendre l'évolution de la Ville.

Couleuvrine (1572)
cliquez pour agrandir l'image Couleuvrine (1572)

Puis nous empruntons :

1) La rue du Fahys :

remarquez à votre droite le départ d'un trajet (ruelle traditionnelle percée entre les maisons dans le Lure ancien et moderne). Nous débouchons face au bloc Hôtel de Ville‑Tribunal dans la rue de la Font, la plus ancienne rue de LURE.

Dans l'escalier :

  • une statue de saint Adrien (XVIè s), une pierre sculptée aux armes de l'abbaye de Murbach et de l'Abbé jean Rodolphe Stoer, qui surmontait la porte du bas (XVIè s)
  • un vase en pierre (XIXè s), qui était primitivement placé sur la fontaine Durin à l'angle de la grande rue et de la rue Pasteur.
  • Ces deux pièces ont été exhumées à l'occasion de fouilles dans les rues de la ville et sont classées monuments historiques.
  • dans le vestibule : 2 couleuvrines qui proviennent du château du Saulcy dont elles furent enlevées par mesure de sécurité après le pillage de celui‑ci le 16 juillet 1789 et amenées à Lure où elles sont restées depuis.

L'une, de calibre 58 porte l'inscription Jean de Harange, seigneur de Maraval 1572 ; sur le fût un écusson orné d'un lion.
La plus petite (calibre 30) est aux armes de Saint‑Maur. (Anne de Combessaint, mariée en 1550 à Pierre de Saint‑Maur lui apporta Saint­ Germain et le Saulcy, XVIè s.)

2) Le lac de la Font et la Sous‑Préfecture

Le lac de la Font , objet de nombreuses légendes est une résur­gence de l'Ognon, ses eaux ne gèlent jamais et fument par les froides journées d'hiver.
L'actuelle Sous‑Préfecture se trouve à l'emplacement de l'ancienne abbaye.
Ce bâtiment construit en 1519 a été fortement remanié au XVIllème siècle. Il perd alors son aspect conventuel, des appartements remplacent les anciens dortoirs, car on se dirige vers la sécularisation de l'abbaye qui aura lieu en 1765. C'est une construction sur pilotis à aspect asymétrique dû à la démolition de la partie sud‑est pour risque d'effondrement Des travaux récents de consolidation prouvent que le problème est toujours d'actualité. Plusieurs églises abbatiales se sont succédées, la dernière en date construite de 1750 à 1755 fut vendue comme bien national à la révolution et détruite en 1797. Elle flanquait l'abbaye à droite. Le seul vestige du vieux monastère est une salle voûtée dite salle capitulaire (dans l'actuelle maison Bové) qui date du même siècle, et qui n'est pas ouverte au public.

Sous Préfecture
cliquez pour agrandir l'image Sous Préfecture
Le Lavoir deant la caserne des Pompiers
cliquez pour agrandir l'image Le Lavoir deant la caserne des Pompiers
Palais de Justice de Lure
cliquez pour agrandir l'image Palais de Justice

Palais de Justice et Hôtel de Ville ont été construits à l'emplacement qu'occupaient l'ancienne Maison de Ville, les Halles, les prisons, le tribunal de justice. Cet ensemble avançait sur la rue de la Font et la barrait à peu près complètement. Il datait en grande partie du Xlllè s.

En 1777, la Maison de Ville tombait en ruine et il n'y avait plus d'autre solution que la reconstruction.

Le Conseil Municipal prit cette décision le 13 décembre 1777, recula devant la dépense excessive et on envisagea deux solutions de rechange.En 1804, la Ville acquit l'Hôtel de la Grande Prévôté (Abbaye) et il fut question d'y faire cohabiter la mairie et la sous‑préfecture.L'ancien bâtiment menaçant de s'effondrer, le Conseil Municipal dut s'incliner devant la nécessité et décida le 4 janvier 1830 qu'il serait démoli sans rémission.

Niche
cliquez pour agrandir l'image Niche

Continuant la rue de la Font, deux anciennes maisons retiennent l'attention, au N° 11 une niche ouvragée et au N°16, datée 1156 avec un écusson , 3 roses et une étoile.

Rue Kléber
cliquez pour agrandir l'image Rue Kléber

Traversez le jardin et empruntez la rue Kléber, en remarquant quelques belles demeures du XVIllème, résidences des chanoines après la sécularisation de l'abbaye.

On débouche alors sur l'avenue de la République à peu près à l'endroit où se trouvait jadis la porte de Bourdieu qui commandait l'entrée de la ville.

Le n° 64, avenue de la République est l'ancien hôtel de la Balance, le n° 65, l'ancien hôtel de l'Ecu de France et Relais de Poste. Ces deux maisons ainsi que les n° 66 et 68 datent du XVIIIè siècle.

Traversez l'avenue de la République et prenez la rue Pasteur jusqu'au petit parking derrière l'église.

Eglise
cliquez pour agrandir l'image Eglise

3) La rue Pasteur et l'église

La courbe de la rue Pasteur montre à l'évidence qu'elle suit le tracé de l'enceinte de ville qui était bordée d'un double fossé : entre 1332 et 1372 les abbés de Lure firent entourer de murs ce qui n'était encore qu'un village ; l'abbaye elle‑même était entourée d'un mur de briques flanqué de grosses tours. Les fossés étaient alimentés en eau par les nombreuses sources et ruisseaux des Gleux. L'étang de la Douve (à l'emplacement actuel de la Place de la Gare) servait de réservoir, les eaux se déversaient enfin dans le lac de la Font. Un système d'écluse régulait le débit d'eau, mais les eaux pouvaient à l'occasion être détournées pour inonder les terrains en dehors de l'enceinte.
Ce système fut utilisé plusieurs fois contre les agresseurs en particulier deux fois contre les attaquants suédois en 1633 (début de la Guerre de 30 ans).

La maison située en face du parking de l'église est l'ancien presbytère (1773). Elle fut plus tard transformée en école, puis devint le Centre Schlotterer qui abrite (entre autres) la Société d'Histoire et d'Archéologie et le Centre Social et Culturel. Après avoir regardé les linteaux sculptés de ses fenêtres (HIC PAUPER ET MODICUS ... VINDICO..SIDIUM ... T..OMNIA QVAE PRAECEPERAT DEVS : ici le pauvre et l'humble trouveront le secours; et tout ce que Dieu a enseigné), empruntez le traje qui longe l'église à droite pour arriver à son porche.

L'église actuelle date de 1745, son clocher de 1863. Dédiée à St Martin, elle a pris la place de l'ancienne église (1556) de style gothique flamboyant qui était orientée nord‑sud, c'est à dire parallèle à l'avenue de la République. Il n'en subsiste que le vieux clocher carré à l'arrière de l'église ‑ visible depuis le parking ‑ et qui abrite la chapelle de la Persévérance.
A l'intérieur, orgues du XVIIIè siècle avec les armes de l'abbaye de Lure et de Murbach (main bénissante et lévrier) par Ritter. Les orgues ont été rénovées plusieurs fois (la dernière en 1978).
Le maître‑autel et les deux autels latéraux en stuc proviennent de l'égl;se de l'abbaye, détruite en 1797. Le retable au‑dessus de l'autel est une reproduction de la Crucifixion de Rubens. La chaire, sculptée par un artiste local F.‑J. Cupillard (1745) présente les quatre évangélistes. Dans la chapelle de la Persévérance sont conservées des reliques : 2 châsses contenant les ossements de St. Valbed, Abbé de Luxeuil et de St. Martin d'une part et les ossements de St. Desle, fondateur de l'abbaye de Lure et de St. Colombin, son disciple et successeur d'autre part.

Sculpture
cliquez pour agrandir l'image Sculpture

4) Av. de la République et sculpture du N° 5 rue Pasteur

En sortant de l'église prenez à droite l'avenue de la République.
Voir quelques mètres après les feux le tribunal, et un peu plus haut, sur le trottoir, le buste de Desault, chirurgien du roi Louis XVI.

Revenez sur vos pas et suivez l'Avenue de la République jusqu'à l'autre extrémité de la rue Pasteur, à gauche, à l'angle de la librairie.

Admirez au passage quelques belles maisons anciennes :

  • n° 42, maison du conventionnel François‑Xavier Chauvier
  • n° 40 qui porte la date 1725,
  • l'actuelle Caisse d'Epargne, ancien hôtel Bolot de Chauvillerain
  • n° 28 daté 1725
  • n° 24 actuelle Société Générale et sans doute l'une des plus belles demeures de la ville
  • n° 23 daté 1696 et le n° 5bis daté 1710.

Remontez la rue Pasteur sur quelques dizaines de mètres pour voir sur le mur du N* 5, à hauteur du regard, une belle sculpture du XVIè représentant une crucifixion soutenue par Dieu le Père et un tableau de chasse de Saint Hubert.

Traversez la rue Pasteur et prenez la rue St Desle puis à droite la rue Siblot qui continue le tracé des anciens fossés et qui nous ramène avenue de la République.

5) Place de la Libération

En sortant de la rue Siblot, vous débouchez avenue de la République à peu près à l'endroit où se trouvait la deuxième porte de la ville : la Porte du Bas.

Traversez l'avenue de la République et empruntez l'étroite rue des Fossés de la Douve (c'est toujours le tracé de l'enceinte) pour retomber rue Albert Mathiez. En la suivant à gauche vous retrouvez l'autre façade du Centre Culturel d'où vous êtes partis. C'est à cet emplacement aussi que se trouvait au XVII' siècle le couvent des Capucins entouré de ses jardins: l'actuelle place de la Libération.

Longez cette place sur la gauche et regardez sur le mur, au fond de la cour du Centre Culturel la fresque peinte à la gloire de Georges Colomb dit Christophe, le célèbre enfant de Lure auteur des premières bandes dessinées : le sapeur Camember, la famille Fenouillard, le Savant Cosinus....

Christophe
cliquez pour agrandir l'image Christophe
Fresque vers la Bibliothèque
cliquez pour agrandir l'image Fresque vers la Bibliothèque
Gare
cliquez pour agrandir l'image Gare

6) Place de la Gare, Fin du parcours

La gare, ou plutôt les gares ont joué un grand rôle dans le développement de la ville au XIXè siècle et début du XXè.
En effet, outre le chemin de fer de la Compagnie de l'Est, entré en service en 1858, Lure a vu se créer en 1903 la Compagnie des Chemins de Fer Vicinaux qui desservit jusqu'en 1938 les vallées environnantes gràce au petit train à vapeur : le "tramway" ou le 'tacot' comme on J'appelle encore avec un brin de nostalgie.

Copyright : ce document s'est inspiré de la publication de la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Lure.